Insomnia

InsomniaDormer, policier à la Crim’ de LA depuis des années a quelques ennuis sur des affaires louches sur lesquelles il est intervenu. Envoyé en Alaska pour résoudre une affaire avec son partenaire, Hap, ils trouvent assez vite le coupable qu’ils tentent d’arrêter. Mais dans la précipitation et à cause du brouillard, Dormer tire sur Hap. Dormer tente alors de maquiller cette erreur…

Christopher Nolan avait créé la sensation de l’année 2000 grâce à son Memento (avec Guy Pearce et Carrie-Anne Moss). Nombreux étaient ceux qui avaient été soufflés par la réalisation et les trouvailles du scénario et du réalisateur. En reprenant un film finlandais du même nom, Nolan (produit par Soderbergh) nous offre ici un polar classieux et classique, qui trouve une originalité par son traitement et sa réalisation.

En prenant Al Pacino et Robin Williams, il était difficile de se tromper. Les deux sont bons et interprètent avec talent des rôles plutôt bien écrits. On peut regretter par contre la présence d’un personnage très cliché (interprété par Hillary Swank) qui finalement donne une note très hollywoodienne au film et semble dictée par les studios. Malgré tout, l’ensemble des acteurs nous fait vivre ici un thriller angoissant et haletant où le spectateur est mis aux côtés de Dormer l’insomniaque. Par des jeux visuels et sonores, Nolan nous embourbe dans les problèmes de ce flic vétéran.

Des problèmes que l’on a déjà vu plusieurs fois. D’ailleurs, dans son ensemble, le scénario ne révolutionnera pas le genre, mais s’inscrit plutôt dans la bonne lignée des polars-thriller hollywoodiens. Par moment, on croit deviner des emprunts à ‘The Pledge’ (de Sean Penn), notamment dans l’ambiance. Les jeux de lumières et de sons nous offrent une atmosphère vraiment particulière, souvent ressenti, qui ajoute un cachet au film.

Sans être transcendental, ‘Insomnia’ se révèle efficace à défaut d’être très original. Ce polar réussi vous permettra de vous évader vers ces terres sans nuit et sans sommeil. On attend déjà le prochain film de Nolan.

Nolan avait surpris avec son premier film, Memento, qui fonctionnait grâce à un truc (un « truc » comme les trucs des magiciens) assez habile qui faisait se retourner le cerveau des spectateurs comme une crêpe à la Chandeleur.
Le problème avec les trucs c’est qu’une fois qu’on a vu le numéro et qu’on en a compris les dessous il ne reste parfois plus grand chose. Au cinéma c’est pareil, il ne suffit pas d’une bonne idée pour faire un grand film, encore moins un grand cinéaste.
On avait donc un peu peur de cet Insomnia. On savait que cette fois-ci il ne pourrait plus nous avoir à l’épate, il devait repartir sur des fondamentaux, pour reprendre une expression chère aux entraineurs de foot…
Mission réussie : Insomnia est un bon polar qui tient la route sans (trop) d’affeteries ni de clinquant. La raison vient sans doute en grande partie du fait que c’est le remake d’un film scandinave particulièrement austère.

Ici pas de serial killer maniaque, ni de concept pompeux, juste l’histoire d’un crime sordide qui fait dégénérer la carrière et la vie d’une légende de la police de L.A.
Le vieux briscard en question c’est AL Pacino qui débarque dans un patelin paumé d’Alaska pour résoudre le meurtre d’une jeune fille. L’affaire devrait être réglée rapidement si un petit grain de sable ne venait pas tout gripper et faire commettre à l’inspecteur l’irréparable : lors d’une poursuite avec le coupable il abat accidentellement son jeune co-équipier. Décidant de dissimuler son acte (il a déjà la police des polices sur ses talons pour une affaire précédente), Pacino se retrouve pris au piège par le marchandage que lui impose le tueur (Robin Williams) qui a tout vu et qui veut acheter son silence.

A partir de ce drame, véritable point de départ du film, le personnage incarné par Pacino va perdre le sommeil (notons ici le subtil (?) jeu de mot : le perso qui s’appelle Will Dormer n’arrive plus à dormir…), rongé qu’il est par la culpabilité et par l’absence d’obscurité pendant la nuit, le soleil de Minuit faisant ici office d’Oeil de Caïn…
Et le film de développer très discretement une ébauche de réflexion sur la culpabilité, le Mal et son acceptation, les deux personnages se faisant face (le flic et le tueur) n’etant finalement que des doubles inséparables, les deux faces d’une même pièce.
Nolan sait manier la caméra, même si c’est de manière très classique, et arrive à créer une ambiance poisseuse à souhait, une atmosphère où la frontière entre le Mal et le Bien devient floue.
Si le film arrive à fonctionner c’est aussi grâce à la présence des acteurs, Pacino bien sûr, mais surtout Williams, qui, après sa prestation dans Photo Obsession, semble avoir trouvé une nouvelle voie de prédilection en incarnant les tordus de service.

Bien sûr la fin sera très hollywoodienne, le gentil flic se rachetant au dernier moment, la morale sera sauve, pourtant l’espace d’un moment un vrai malaise a réussi à planer sur ce film, ce qui suffit pour le faire se démarquer un peu du tout venant américain.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s