Les invasions Barbares

Les invasions BarbaresUn cinquantenaire se retrouve en phase terminale d’un cancer. Son fils, avec qui il ne s’entend pas, arrive de Londres pour le soutenir dans cette épreuve. C’est le moment de faire le bilan, parfois sévère, d’une vie.

Autant « Le déclin de l’empire américain » nous faisait rire et réfléchir en proposant une réflexion très ouverte de la vie, autant cette suite, qui se construit autour de la mort d’un homme, s’avère drôle mais bien plus dure et opaque.

La bonne nouvelle, c’est que l’on retrouve les même personnages que dans le premier film, toujours truculents et heureux de vivre mais moins philosophes. D’abord parce que Denys Arcand se focalise sur la relation entre un père et son fils alors que « Le Déclin… » faisait joyeusement permuter les personnages au gré des séquences. Mais aussi car le poids des années a joué son rôle : les élans philosophiques des quadragénaires débordant de vie ont fait place à une sorte de résignation, tout aussi vitale, mais tellement plus pessimiste.

C’est pour cette raison que les élans de drôlerie sont moins perceptibles ici, et surtout beaucoup plus noirs. La jeunesse, seul espoir de survivre à ce monde de « barbares », joue ici un rôle ambigu, bien loin des stéréotypes naïfs systématiquement utilisés dans de nombreux films. Si l’on poussait le propos de Denys Arcand plus loin, on pourrait même penser que la jeunesse, malgré ses atouts, est intrinsèquement porteuse des mêmes vices que la génération sur le déclin.

La réalisation des « Invasions Barbares » apparaît également dure : cette fois-ci, les personnages ne s’amusent plus à faire dans la joute verbale, tout ne transparaît que par des attitudes conditionnées et des réflexions arrêtées. D’où un scénario très unilatéral mettant en scène des malades, des personnages troublés et une mort qui rôde. Cette prise de position n’empêche cependant pas la bonne humeur d’être omniprésente : Denys Arcand propose bien en cela une vision du monde occidentale, mais que cette vision est éprouvante !

Ayant profondément divisé les critiques, « Les invasions Barbares » osent condamner notre époque, tout en utilisant les mots les plus doux. Un film au goût amer qui pousse à la réflexion et à une critique parfois acerbe… Tout n’est donc pas si noir.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s