The Island

The IslandOsons l’avouer de facto. Ce nouvel opus signé Michael Bay est peut-être bien son film de la maturité. Et son échec retentissant Outre Atlantique ne fait que confirmer la fragilité actuelle du cinéma ricain. Et surtout conforter une vérité que Bay aura peut-être un peu de mal à admettre : il ne fait pas partie des réalisateurs capables de déplacer les foules sur le seul crédit de leur nom. N’est pas Spielberg qui veut.

Spielberg, ironie du sort, qui a pourtant son nom attaché au projet. Son nom ou tout du moins celui de sa société de production Dreamworks qui remplace pour une fois le mogul Jerry Bruckheimer pris peut-être d’un bienfaiteur accès de lucidité envers son poulain. Vu l’ambition de son dernier métrage, il avait peut-être raison. Bay avouait très tôt que ce film là serait différent de tout ce qu’il a réalisé jusqu’à présent. Résultat bide total aux US. Côté promo, Spielberg use et abuse de dythirambes envers son nouveau protégé Michael Bay. Si le scénario se montre effectivement à la hauteur de nos attentes, la réalisation n’est pas en reste. Et le style clippé de Bay convient parfaitement à ce métrage. D’ailleurs Bay fait un gros effort côté découpage et offre un film très lisible même durant les scènes d’action. Le rythme posé du début du film surprend de la part d’un cinéaste comme lui. Chaque plan est ainsi très travaillé et le style SF, auquel Bay ne s’était par ailleurs jamais essayé, lui sied plutôt bien. Bay arrive en plus à contraster cet aspect clean et propret lorsque nos héros se retrouvent dans un bar puant et crade à mille lieux de ce qu’ils avaient connus jusqu’alors. Une scène très drôle qui symbolise à elle toute seule la réussite de « The Island ».

Côté scénario il a été écris par trois débutants d’Hollywood. Pourtant à y regarder de plus près Alex Kurtzman et Roberto Orci ont déjà oeuvré pour le petit écran dans la même série : Alias. Et cette histoire de clonage thérapeutique, si elle n’a rien d’original, a au moins le mérite d’être menée tambour battant. Un rythme effrénée qui ne nuit pourtant jamais à l’histoire. Le film se montre même parfois assez imprévisible. Certes on est loin de la réussite d’un autre Blockbuster comme « La Guerre des Mondes ». Le film de Bay se montre un peu plus consensuel mais remplit pleinement les quotas d’action, d’aventure et de suspens d’un bon Blockbuster. Du côté des interprètes, là aussi rien à dire. Ewan McGregor et Scarlett Johansson sont très crédibles.

« The Island » n’est ni le film de l’année, ni le film de l’été. Mais pourtant il ne méritait certainement son piètre score au box office américain. Certes, le thème du film est éculé (merci « Gattaca »), les décors rappellent furieusement le kitchissime « Logan’s Run » et les placements de marques sont beaucoup trop voyants mais finalement le film est attachant. Distrayant d’un bout à l’autre et finalement bien plus réussi que le SF Flick de l’été dernier, « I Robot » et son pathétique Will Smith. Alors doit-on imputer cette réussite à Michael Bay ? Oui et Non. Certes son style et sa photo s’accommodent très bien au film. Mais sans son scénario solide et ses interprètes bétons, « The Island » n’aurait pas valu tripettes. En tout cas pour une fois, Michael Bay mérite bien un peu de notre estime.

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